🇲🇬 MADAGASCAR ET LE PIĂGE DU GRAND SAUT
Pourquoi le développement est un marathon silencieux
GnĂ© ? Ah oui oui, on aime les grands rĂ©cits. En politique, on prĂ©fĂšre les inaugurations grandioses, les rubans coupĂ©s sous les projecteurs et les mĂ©ga-projets prĂ©sentĂ©s en grande pompe. Mais la rĂ©alitĂ© du dĂ©veloppement d’une nation s’embarrasse peu du spectacle.
Construire un pays ne relĂšve ni du miracle Ă©conomique, ni du saut d’obstacle technologique. C’est un travail de longue haleine oĂč la continuitĂ© compte infiniment plus que l’Ă©clat de l’instant.
Vouloir brĂ»ler les Ă©tapes est une tentation universelle, mais Madagascar en offre aujourd’hui une illustration frappante. On imagine qu’il suffit d’importer des solutions clĂ©s en main ou d’Ă©difier des infrastructures rutilantes pour faire basculer une sociĂ©tĂ© dans la prospĂ©ritĂ©. C’est une illusion d’optique coĂ»teuse.
Un hĂŽpital de pointe ne sert Ă rien si le systĂšme Ă©ducatif ne forme pas les soignants pour l’animer. Des usines ne tournent pas si le rĂ©seau Ă©lectrique s’effondre. Sans socle solide, toute superstructure reste prĂ©caire.
💡 Le cas de la JIRAMA est le symbole le plus criant de cette dĂ©faillance
Depuis des dĂ©cennies, le secteur de l’Ă©nergie s’enfonce. PlutĂŽt que d’investir de façon continue dans le renouvellement des infrastructures ou le potentiel solaire et hydroĂ©lectrique de l’Ăźle, les gouvernements successifs ont privilĂ©giĂ© des expĂ©dients de court terme.
Le recours massif aux groupes électrogÚnes de location engloutit les finances publiques sans rien résoudre.
RĂ©sultat : des dĂ©lestages quotidiens qui paralysent l’Ă©conomie et Ă©puisent la population.
Cette absence de vision à long terme est alimentée par un manque de rigueur généralisé et une corruption systémique qui sapent le progrÚs :
🔻 L’Ă©vaporation des ressources : Les fonds censĂ©s financer les services de base sont dĂ©tournĂ©s ou consommĂ©s dans des chantiers bĂąclĂ©s.
🔻 Le perpĂ©tuel recommencement : Chaque alternance politique abandonne les projets de la faction prĂ©cĂ©dente. Au lieu de consolider l’existant, on repart de zĂ©ro pour promouvoir de nouvelles promesses, dĂ©connectĂ©es des urgences (santĂ©, Ă©ducation, pistes rurales).
🔻 Le mĂ©pris de la maintenance : BĂątir un ouvrage est visible ; veiller Ă son entretien pendant trente ans exige une maturitĂ© institutionnelle. Sans suivi, les rares rĂ©alisations se dĂ©gradent en quelques annĂ©es.
Sans continuitĂ©, on s’impose le supplice de Sisyphe : construire, laisser dĂ©pĂ©rir, puis reconstruire Ă frais doubles. On Ă©puise les ressources collectives Ă simplement retrouver le niveau initial, sans jamais crĂ©er de valeur nette.
La progression d’un pays est une chaĂźne dont chaque maillon dĂ©pend du prĂ©cĂ©dent. Si l’on saute une Ă©tape, la chaĂźne cĂšde ; si l’on interrompt l’effort, le processus s’inverse. En matiĂšre de dĂ©veloppement, l’immobilitĂ© n’existe pas.
Pour Madagascar comme pour toute nation, renoncer Ă l’action continue et Ă la rigueur, ce n’est pas faire du surplace : c’est se condamner Ă la dĂ©rive.
Il est temps de délaisser la magie des raccourcis pour embrasser enfin la méthode des bùtisseurs.
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pas grand chose Ă rajouter Ă votre analyse malheureusement Elman.On transforme cette Ăźle merveilleuse en enfer Ă chaque jour qui vient