
Sérieux ? Ah si si 🤣
Gné ? Bienvenue dans la fin de l’illusion du tout-écran et le grand retour du réel
Un vent de panique souffle sur le monde du travail tertiaire. Avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle, l’équation semble pliée : l’exécution derrière un écran ne vaut plus grand-chose.
Pourquoi payer un collaborateur pour rédiger, coder, analyser ou faire du suivi administratif quand un algorithme fait la même chose en trois secondes pour quelques centimes ?
Le constat est brutal, mais exact, et je l’avais anticipé il y a déjà un peu plus de 2 ans. Demain, l’entrepreneur n’aura plus besoin d’une armée d’exécutants “sur clavier” pour faire tourner son entreprise.
Un pilote, quelques agents IA, et la machine tourne. Pour toute une génération élevée dans l’idée que le salut professionnel résidait dans un bureau, une chaise et un ordinateur portable, le réveil s’annonce douloureux.
Mais cette vision comporte une faille majeure : elle oublie le monde réel.
Pendant trente ans, la société a répété aux jeunes que la réussite consistait à s’éloigner du terrain.
On a dévalorisé le manuel, la matière, l’atelier, le chantier. On a poussé tout le monde vers des études académiques pour remplir des open spaces, produire des diaporamas et traiter des tableaux de bord.
Résultat ? Une génération saturée de virtuel, confrontée à la perte de sens et désormais menacée par l’automatisation des tâches intellectuelles standards.
C’est ici que s’opère la grande bascule.
Pendant que l’IA dévore le travail de bureau, elle reste parfaitement incapable de diagnostiquer une panne mécanique sur le terrain, de poser un diagnostic technique en face-à-face, de restaurer un objet, de façonner la matière ou d’intervenir au domicile d’un particulier.
Le coût marginal de l’exécution virtuelle s’effondre, mais la valeur du savoir-faire concret, manuel et ancré dans le réel, elle, s’envole.
On entend souvent dire que les jeunes ne veulent plus travailler de leurs mains. C’est méconnaître les tensions silencieuses qui s’opèrent.
Face à la précarisation du travail de bureau et à la recherche d’une utilité directe, le travail manuel n’est plus une voie par défaut : il devient un refuge d’autonomie et un levier d’indépendance financière.
Demain ne tiendra pas dans une opposition simpliste entre entrepreneurs tout-puissants et salariés obsolètes.
La vraie frontière se dressera entre deux mondes : d’un côté, ceux qui vendent du temps d’écran standardisé et qui seront balayés par les outils ; de l’autre, ceux qui maîtrisent l’effet de levier du numérique ou qui possèdent une compétence concrète, physique et irremplaçable dans le monde réel.

Le virtuel s’automatise. Le réel, lui, reprend enfin sa juste valeur.
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