J’ai été surpris de l’irruption soudaine de la ville de Miami dans les échanges (humoristiques ou non) sur les réseaux sociaux. On m’a fait comprendre que c’est par référence à des promesses électorales d’un candidat à l’élection présidentielle.
Oui, Miami est une superbe ville, qui le reste et qui continue de se développer. Aussi, si nous la prenions comme modèle, il faut savoir le prix à payer pour le copier.
Trois conditions principales me semblent nécessaires pour s’inspirer de ce modèle :
– Un environnement géographique et climatique exceptionnel,
– Un environnement juridique, fiscal et social conciliant,
– Enfin des facteurs de production illimités et à faible coût.
1. D’abord, il faut créer un environnement sain et sûr. Il y a un peu plus d’un siècle, la région de Miami n’était constituée que de marécages. Pour l’assainir, il fallait l’assécher et la vider des populations néfastes, notamment les moustiques. (Je ne vais pas soulever la question des indiens autochtones pour ne pas polluer le débat).
Ceux qui connaissent la région sont émerveillés par l’aménagement qui en a été fait : plantes tropicales à profusion, palmiers, cocotiers, dans un ordre, un décor tout simplement merveilleux. Toute cette végétation baigne dans une température chaude et humide (juillet/août) comme celle de Tamatave en fin d’année.
Effectivement, la côte Est de Madagascar semble bénéficier des mêmes dispositions géographiques et climatiques pour « copier » Miami.
2. Ensuite, il faut offrir un cadre juridique, fiscal et social conciliant pour attirer les investisseurs et résidents.
Pour illustrer mon propos, je me permets de rapporter du vécu personnel.
Depuis de très longues années, je passe mes vacances d’été à Miami. J’ai toujours été frappé par le nombre de nouveaux immeubles qui sortent de terre chaque année. Pour vous donner un ordre de grandeur, de ma terrasse, en l’espace de 6 ou 7 ans, j’ai vu monter 14 tours de 30 à 40 étages chacune! (Mon horizon est désormais bouché).
La première question qu’on se pose est : mais où est-ce qu’ils trouvent autant d’argent pour ces constructions ? Puis, y a-t-il un marché pour autant d’appartements luxueux (de $ 500 000 à $3 000 000 chaque appartement) ?
J’ai interrogé des amis autochtones travaillant dans l’immobilier, la réponse était stupéfiante : Nous sommes dans la zone grise de l’économie de Floride. Ces tours sont construites avec de l’argent pas très propre provenant essentiellement d’Amérique latine (trafic de drogues, détournement de fonds publics, corruption,..).
Les autorités de Floride ne seraient pas trop regardants sur l’origine de ces fonds : à partir du moment où cela permet de créer de l’activité dans la ville, tout le monde ferme les yeux! L’activité immobilière, si dynamique, serait en réalité une immense blanchisserie !
Deuxième question, vu la quantité d’immeubles construits par an, y a-t-il un marché pour occuper ces appartements ? Eh bien, NON ! Une grande partie de ces immeubles restent vides, aucun signe de vie n’est visible (pas de lumière le soir et la nuit), pas de rideaux aux fenêtres,…
Donc en résumé, on construit à tours de bras des immeubles qu’on n’arrivera pas à louer ou à vendre parce qu’il y en a trop sur le marché. Quelle est donc la logique de l’opération ? On a vu que l’immeuble est construit avec de l’argent sale dont le promoteur ne peut pas prouver l’origine, disons $ 400 millions. Au bout de quelques années, il revend l’immeuble, disons à moitié prix, $200 millions, mais cette fois-ci, l’argent récupéré devient de l’argent propre dont l’origine est prouvée : le promoteur peut alors utiliser cet argent pour acheter, par exemple, une propriété sur la Côte d’Azur en France (tiens encore une destination citée par le candidat !).
Voilà comment se construit la prospérité de Miami, et si nous voulons que notre Côte Est prenne le même chemin, vous venez d’avoir un premier aperçu du mode d’emploi constitué d’un environnement géographique sain et sûr, des structures juridiques et fiscales conciliantes.
3. Enfin, il faut disposer de l’autre facteur de production (main d’œuvre) en quantité et à bas coût.
La réussite de Miami s’explique également par la disponibilité de ce facteur de production. Malgré les incantations des autorités américaines sur l’immigration illégale, vous seriez étonnés du nombre de « sans-papiers » dans la ville de Miami, au vu et au su de tous. Comment les repère t-on ? Ce sont essentiellement les personnes qui attendent et qui prennent les bus, pourquoi ? Parce qu’aux USA, la pièce d’identité est constituée, notamment, du permis de conduire et, comme le clandestin n’a pas de papier, donc pas de permis de conduire américain, donc pas de voiture, il est donc celui qui prend le bus. Moralité : celui qui est à l’arrêt de bus a de fortes chances d’être un clandestin « visible ».
Il n’a pas trop à s’inquiéter, la police ne va pas l’arrêter parce que l’économie de la ville a besoin de lui (pour le moment). En faisant la vaisselle dans un restaurant, il sera payé $5 de l’heure alors qu’un régulier touchera $15 à $20. Il acceptera de travailler à ce prix parce que dans son pays c’était la misère et, ici à Miami, il va même avoir 3 boulots dans la journée : un de 7h du matin à 13h, un autre de 14h à 18h et un dernier de 19h à minuit. Il lui faudra travailler autant pour pouvoir payer sa part de loyer sur la chambre qu’il partage avec 3 ou 4 clandestins comme lui, et envoyer $200 par mois à la famille en Amérique centrale ou du sud. Il vit pleinement sa part de rêve américain.
Puis, s’il a un peu de chance, il va pouvoir travailler dans le bâtiment pour construire ces fameuses tours de 30 à 40 étages. Il sera mieux payé et va travailler avec des dizaines d’ouvriers de toute l’Amérique du sud qui, tous comme un seul homme, disparaitront au premier coup de sifflet du guetteur qui surveille la venue éventuelle d’un inspecteur de l’immigration. De mon balcon, j’ai assisté à plusieurs reprises à ce genre de manège qui relève plus du folklore que de la volonté réelle de pourchasser les clandestins sur les chantiers.
Voilà quelques clés de la réussite pour faire de la côte Est de Madagascar, une région prospère comme Miami.
Ah, j’allais oublier, d’ici quelques décennies, toute la Floride, et donc Miami, va disparaître sous les eaux. Le réchauffement climatique fait monter le niveau de la mer et toute la région va disparaître.
Je n’ai pas regardé les simulations sur le futur de la côte Est de Madagascar mais, il va falloir convaincre les investisseurs que la région sortira indemne de la montée des eaux qui se profile.
elman dans Un mois de février bien agité…: “oui ça aussi entre autre mais surtout ça https://www.facebook.com/share/p/186wqBPFMt/ 🙂” 14/02/2026 à 00:44
angady dans Un mois de février bien agité…: “L’horizon Neuilly sur Marne alors? 🙂 Vous avez bien raison, là, au moins, il y aurait plus de chance que…” 13/02/2026 à 16:26
jurassic park dans Moi je peux m’afficher en France avec: “nous en sommes encore là malheureusement.Notre nature 5 étoiles millénaire s’était affichée aussi avec ses baobabs,bois de rose,palissandre,caméléons,tortues et lémuriens…” 08/02/2026 à 00:40
Nifin'Akoho dans Moi je peux m’afficher en France avec: “Aôna ozizii ? Efa niteny a zay! Enao ary tsy miseho mbola mahita izay nolazainy izy ko maika fa hideradera.…” 07/02/2026 à 17:42
Coco dans Moi je peux m’afficher en France avec: “vous n’entendrez jamais parler d’eux C’est la différence entre les riches et les nouveaux riches. Et parfois cela se caractérise…” 07/02/2026 à 07:46
razafi dans On se gausse de la demande de feuille de route de la SADC: “* Inclusivité : Éviter l’exclusion des anciens dirigeants pour prévenir tout risque de déstabilisation, tout en garantissant la redevabilité. ça…” 03/02/2026 à 15:09
angady dans Oui mais les Malaisiens ne sont pas africains: ““mode de gouvernance” ou l’autre mot quasi-tabou: “politique”. Deba en avait un, voué à l’échec et que le peuple a…” 02/02/2026 à 18:21
Mbola ho avy ny antsika e hihihihi, minoa fotsiny ihany
allons nous l’appeler notre miami en miami bis, hahaha
hahahaha
pas 4 ami amis j’espère
Miami degany 😛 je kif !
J’ai été surpris de l’irruption soudaine de la ville de Miami dans les échanges (humoristiques ou non) sur les réseaux sociaux. On m’a fait comprendre que c’est par référence à des promesses électorales d’un candidat à l’élection présidentielle.
Oui, Miami est une superbe ville, qui le reste et qui continue de se développer. Aussi, si nous la prenions comme modèle, il faut savoir le prix à payer pour le copier.
Trois conditions principales me semblent nécessaires pour s’inspirer de ce modèle :
– Un environnement géographique et climatique exceptionnel,
– Un environnement juridique, fiscal et social conciliant,
– Enfin des facteurs de production illimités et à faible coût.
1. D’abord, il faut créer un environnement sain et sûr. Il y a un peu plus d’un siècle, la région de Miami n’était constituée que de marécages. Pour l’assainir, il fallait l’assécher et la vider des populations néfastes, notamment les moustiques. (Je ne vais pas soulever la question des indiens autochtones pour ne pas polluer le débat).
Ceux qui connaissent la région sont émerveillés par l’aménagement qui en a été fait : plantes tropicales à profusion, palmiers, cocotiers, dans un ordre, un décor tout simplement merveilleux. Toute cette végétation baigne dans une température chaude et humide (juillet/août) comme celle de Tamatave en fin d’année.
Effectivement, la côte Est de Madagascar semble bénéficier des mêmes dispositions géographiques et climatiques pour « copier » Miami.
2. Ensuite, il faut offrir un cadre juridique, fiscal et social conciliant pour attirer les investisseurs et résidents.
Pour illustrer mon propos, je me permets de rapporter du vécu personnel.
Depuis de très longues années, je passe mes vacances d’été à Miami. J’ai toujours été frappé par le nombre de nouveaux immeubles qui sortent de terre chaque année. Pour vous donner un ordre de grandeur, de ma terrasse, en l’espace de 6 ou 7 ans, j’ai vu monter 14 tours de 30 à 40 étages chacune! (Mon horizon est désormais bouché).
La première question qu’on se pose est : mais où est-ce qu’ils trouvent autant d’argent pour ces constructions ? Puis, y a-t-il un marché pour autant d’appartements luxueux (de $ 500 000 à $3 000 000 chaque appartement) ?
J’ai interrogé des amis autochtones travaillant dans l’immobilier, la réponse était stupéfiante : Nous sommes dans la zone grise de l’économie de Floride. Ces tours sont construites avec de l’argent pas très propre provenant essentiellement d’Amérique latine (trafic de drogues, détournement de fonds publics, corruption,..).
Les autorités de Floride ne seraient pas trop regardants sur l’origine de ces fonds : à partir du moment où cela permet de créer de l’activité dans la ville, tout le monde ferme les yeux! L’activité immobilière, si dynamique, serait en réalité une immense blanchisserie !
Deuxième question, vu la quantité d’immeubles construits par an, y a-t-il un marché pour occuper ces appartements ? Eh bien, NON ! Une grande partie de ces immeubles restent vides, aucun signe de vie n’est visible (pas de lumière le soir et la nuit), pas de rideaux aux fenêtres,…
Donc en résumé, on construit à tours de bras des immeubles qu’on n’arrivera pas à louer ou à vendre parce qu’il y en a trop sur le marché. Quelle est donc la logique de l’opération ? On a vu que l’immeuble est construit avec de l’argent sale dont le promoteur ne peut pas prouver l’origine, disons $ 400 millions. Au bout de quelques années, il revend l’immeuble, disons à moitié prix, $200 millions, mais cette fois-ci, l’argent récupéré devient de l’argent propre dont l’origine est prouvée : le promoteur peut alors utiliser cet argent pour acheter, par exemple, une propriété sur la Côte d’Azur en France (tiens encore une destination citée par le candidat !).
Voilà comment se construit la prospérité de Miami, et si nous voulons que notre Côte Est prenne le même chemin, vous venez d’avoir un premier aperçu du mode d’emploi constitué d’un environnement géographique sain et sûr, des structures juridiques et fiscales conciliantes.
3. Enfin, il faut disposer de l’autre facteur de production (main d’œuvre) en quantité et à bas coût.
La réussite de Miami s’explique également par la disponibilité de ce facteur de production. Malgré les incantations des autorités américaines sur l’immigration illégale, vous seriez étonnés du nombre de « sans-papiers » dans la ville de Miami, au vu et au su de tous. Comment les repère t-on ? Ce sont essentiellement les personnes qui attendent et qui prennent les bus, pourquoi ? Parce qu’aux USA, la pièce d’identité est constituée, notamment, du permis de conduire et, comme le clandestin n’a pas de papier, donc pas de permis de conduire américain, donc pas de voiture, il est donc celui qui prend le bus. Moralité : celui qui est à l’arrêt de bus a de fortes chances d’être un clandestin « visible ».
Il n’a pas trop à s’inquiéter, la police ne va pas l’arrêter parce que l’économie de la ville a besoin de lui (pour le moment). En faisant la vaisselle dans un restaurant, il sera payé $5 de l’heure alors qu’un régulier touchera $15 à $20. Il acceptera de travailler à ce prix parce que dans son pays c’était la misère et, ici à Miami, il va même avoir 3 boulots dans la journée : un de 7h du matin à 13h, un autre de 14h à 18h et un dernier de 19h à minuit. Il lui faudra travailler autant pour pouvoir payer sa part de loyer sur la chambre qu’il partage avec 3 ou 4 clandestins comme lui, et envoyer $200 par mois à la famille en Amérique centrale ou du sud. Il vit pleinement sa part de rêve américain.
Puis, s’il a un peu de chance, il va pouvoir travailler dans le bâtiment pour construire ces fameuses tours de 30 à 40 étages. Il sera mieux payé et va travailler avec des dizaines d’ouvriers de toute l’Amérique du sud qui, tous comme un seul homme, disparaitront au premier coup de sifflet du guetteur qui surveille la venue éventuelle d’un inspecteur de l’immigration. De mon balcon, j’ai assisté à plusieurs reprises à ce genre de manège qui relève plus du folklore que de la volonté réelle de pourchasser les clandestins sur les chantiers.
Voilà quelques clés de la réussite pour faire de la côte Est de Madagascar, une région prospère comme Miami.
Ah, j’allais oublier, d’ici quelques décennies, toute la Floride, et donc Miami, va disparaître sous les eaux. Le réchauffement climatique fait monter le niveau de la mer et toute la région va disparaître.
Je n’ai pas regardé les simulations sur le futur de la côte Est de Madagascar mais, il va falloir convaincre les investisseurs que la région sortira indemne de la montée des eaux qui se profile.
merci, mais il faut écrire un livre.
lol