Les pratiques non éthiques et illégales d’une entreprise belge délocalisée à Madagascar

Abus de pouvoir, menaces et harcèlement sur le lieu de travail – Les pratiques non éthiques et illégales d’une entreprise belge délocalisée à Madagascar

Courrier des lecteurs : c’est l’histoire extraordinaire d’une dizaine de jeunes malgaches qui ont fait front et résisté aux attaques d’une entreprise belge, pour défendre leurs valeurs et leur intégrité.

Tout commence en 2021 lorsqu’une entreprise de transport belge saisie une opportunité de réduire ses coûts en faisant appel à un prestataire de service à Madagascar. Elle commence par externaliser la facturation de ses clients européens, et très rapidement, elle étend cette externalisation à son cœur de métier : le dispatching de ses missions de transport et la gestion de sa flotte de camions. Toutes ces responsabilités sont portées par une équipe d’une dizaine de jeunes talents malgaches, parlant couramment le français et l’anglais. A presque 10 000 km de la Belgique, ils interagissent quotidiennement avec les différents clients et fournisseurs du transporteur belge et font tourner ses affaires avec grand professionnalisme.

Cependant, en juillet 2023, le transporteur belge annonce à son prestataire local qu’elle prend la décision ferme et unilatérale de débaucher son équipe et de la transférer vers une autre société. L’entreprise belge étant le client principal du prestataire, elle compte sur sa position de force pour contraindre le prestataire malgache à ses exigences. Effectivement, en cas de refus, le prestataire se retrouverait avec un effectif qu’il devrait rémunérer mais sans aucune source de revenus, d’autant plus que le transporteur belge lui devait encore quatre mois d’arriérés de factures. L’affaire était donc dans le sac pour le transporteur belge.

Mais c’était sans compter sur la réaction des salariés du prestataire malgache. Ils ont vite compris ce qui se passait et n’ont pas du tout apprécié le mauvais coup porté par le transporteur belge envers leur employeur. L’équipe du prestataire ne se montrant pas aussi docile que l’espérait le transporteur, commencent alors des tentatives de manipulation, suivi de harcèlement et de menaces diverses, aussi bien au bureau en présentiel qu’à domicile par appels et messages. Ces comportements offusquent grandement les employés, qui refusent tous de suivre le transporteur belge, malgré des propositions financières alléchantes.
Ainsi, à cause de leurs comportements non éthiques, voire illégaux, encouragés par un sentiment d’impunité dans un des pays les plus pauvres du monde, le transporteur belge a subitement perdu toute l’équipe qui gérait ses opérations quotidiennes de A à Z.

Ces faits soulèvent plusieurs questions éthiques et légales: est-ce que cette entreprise aurait agi de la même manière envers une autre entreprise belge? Étant basée dans un pays riche du Nord et dominant son prestataire du Sud, un tel abus de pouvoir est-il acceptable? Peut-on laisser les responsables de cette entreprise venir à Madagascar, menacer et harceler des employés malgaches en toute impunité? Quelles réponses devraient apporter les autorités belges et malgaches à ces faits?

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futureabonnee
futureabonnee
10 mois il y a

On peut voir les choses bien différemment.
Les employés ont saboté leur entreprise,alors qu’ils avaient une augmentation.
Résultat, plus de Travail, plus d’argent. C’était pas trés intelligent !
Il est courant qu une société soit vendu, fusionnée avec une autre et que les employés aient de nouveaux contrat avec la nouvelle société. C’est NORMAL.
C’est une trés mauvaise image , aucune fiabilité des malgaches et une réticence des étrangers a investir à Madagascar.

Il faut que les Malgaches arrêtent de se croire persécuté par le Monde entier…

Rado
Rado
Répondre à  futureabonnee
10 mois il y a

C’est vrai. Mais là ca parle de débaucher l’équipe, pas de vente ou fusion, c’est différent.

hobiarivelo
hobiarivelo
Répondre à  futureabonnee
10 mois il y a

C’est vrai que vous voyez les choses différemment. NOUS les malgaches sont plus intelligents que vous ne le croyez…Il s’agit ici d’une résiliation de contrat entre le transporteur et son prestataire de service et c’est normal que ces employés ont résisté et décidé de ne pas suivre le transporteur parce qu’ils ne peuvent pas continuer à travailler avec des mauvais payeurs (« le transporteur belge lui devait encore quatre mois d’arriérés de factures »)…
En outre, on ne peut pas dire que ces employés ont saboté cette entreprise, peut être que c’est le transporteur qui se sabotait lui-même. Etant employés du prestataire, ils sont aussi victimes dans cette situation – OUI, pas de travail, mais c’est mieux que d’accepter l’offre du transporteur puis ils vont se faire menacer, harceler et manipuler de nouveau… Si j’étais à leur place, j’aurais fait pareil hein…
« C’est une trés mauvaise image » vous dites, mais au contraire, les malgaches respectent leurs travails et beaucoup d’étrangers cherchent à travailler avec eux; je travaille pour une entreprise belge depuis 3 ans maintenant mais il n’y a jamais eu de problème entre nous… 😉

Céline
Céline
Répondre à  futureabonnee
10 mois il y a

Mettons de côté l’aspect persécution et voyons le fait qu’il s’agit ici d’une prestation de service donc il y a un contrat entre les deux parties qu’il fallait solver en bonne et due forme ce qui n’était pas le cas. La question de fiabilité ici s’adresse à tout le monde et non seulement aux malgaches.

Ramahery
Ramahery
10 mois il y a

Un cas assez courant à Madagascar et en Afrique en général .Certaines entreprises occidentaux savent très bien la vulnérabilité des jeunes Malgaches vue le manque de travail à Mada et en profite quitte à les faire renoncer à leurs valeurs pour de l’argent. Bravo à eux .

Andriniaina Marco
Andriniaina Marco
10 mois il y a

C’est d’un comportement exécrable envers le prestataire et les employés, (ce transporteur ne sait surement pas que sans ce prestataire et ces employés il ne sera rien et n’ira nulle part) Déjà tu prends une décision unilatérale après tu portes atteinte aux droits et dignité de ces employés, d’altérer leur santé physique ou mentale ou de compromettre leur avenir professionnel. J’espère que ce transporteur connait très bien la loi 🙂 

Miary
Miary
10 mois il y a

Une telle situation d’abus de pouvoir peut avoir de très lourdes conséquences, à la fois sur le salarié qui en est victime, et sur l’entreprise, mais ces jeunes ont bien fait de ne pas se laisser faire manipuler. Manager de façon unilatérale est cependant une très mauvaise idée. Les dirigeants d’entreprise doivent plus opter pour une organisation où les décisions sont de plus en plus collectives. Les jeunes ont besoins de travailler mais il est aussi de leur droit de réagir et prendre les décisions qu’ils jugent correctes en cas d’injustices.

hobiarivelo
hobiarivelo
10 mois il y a

4 mois d’arriérés de factures? Le nom de cette entreprise svp?
Je travaille pour une entreprise belge depuis 3 ans maintenant mais je n’ai jamais eu de problème de paiement. Peut-être que ce transporteur voulait rompre ce contrat depuis 4 mois…

Céline
Céline
10 mois il y a

Il y a ici l’insolvabilité du client envers le prestataire ainsi que le débauchage les employés. Je pense que le transporteur a manqué un peu de tact et vu le fait que les employés ont contesté les propositions alléchantes, il y a probablement une mauvaise foi de la part du client voire plus, que l’équipe perçoit au quotidien (rien n’arrive par hasard, tout s’explique) quoi qu’il en soit, on peut toujours soulever les points : racisme intellectuelle et économique

Ralay
Ralay
10 mois il y a

tiens, il y a des intervenants que je vois pour la première fois. dans mon domaine, cela s’appelle la « reputation management ». ou mpamono afo…

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