Pourquoi la digitalisation ne marche pas au pays endémique ?

Loading

Du coup ça simplifie aussi les listes électorales mais ça n’arrange pas forcément n’est-ce pas ?

Gné ? Oui oui il faut bien se l’avouer, la digitalisation des services publics, c’est pas encore tout à fait ça au pays endémique. C’est pas du tout ça même.

Qu’on se le dise d’abord : la digitalisation c’est pas une simple et vulgaire bancarisation, avec ouverture d’un compte e-poketra, carte bleue et compagnie.

Bon alors c’est quoi la digitalisation, la vraie alors ? Pour faire simple, c’est le passage d’un certain processus, souvent traité manuellement jusqu’ici, vers son équivalent numérique.

En clair, jusqu’ici, pour faire telle démarche, on vous demandait de préparer un certain nombre de documents physiques. Vous savez par exemple les fameux CIN, certificat de résidence et toussa.

Puis vous deviez vous déplacer pour amener le toussa à telle adresse, faire la queue, déposer, payer, se balader de guichet en guichet. Partir, puis revenir pour récupérer le document/service attendu.

Que de temps perdu zalay e ! Et c’est là que normalement la digitalisation vient à la rescousse. De quelle manière ? En supprimant totalement ce processus moyenâgeux et chronophage, sans parler de la corruption qui va bien avec.

La digitalisation c’est un espace personnel et sécurisé dont vous disposez sur le web. Vous connaissez déjà ce type d’espaces personnels, que ce soit avec votre banque.. ou même avec l’appli de la Jirama tiens.

Bon mine de rien, malgré tous ses déboires, la digitalisation de la Jirama me semble pas trop mal réussie quand même. Vous avez un espace personnel, avec votre historique de conso, vos relevés, vous pouvez envoyer à distance vos relevés, vous pouvez payer vos factures par mobile banking, bref, l’objectif est atteint : vous simplifier la vie et vous éviter de devoir passer une fois par mois en agence.

L’appli Jirama

Pour la banque c’est pareil. Je n’ai pas suivi les évolutions de la digitalisation bancaire à Madagascar mais ici en France, via votre appli bancaire vous pouvez tout faire : des virements, authentifier des paiements, envoyer un message à votre conseiller, etc. et toussa depuis votre espace personnel sécurisé.

BNI NET

Au niveau des services publics maintenant, le gros morceau qui nous intéresse. La digitalisation ne peut marcher que si l’Administration sait qui vous êtes. Déjà un État-civil dûment digitalisé, numérisation des 30 millions donc, et non plus vos vieux registres papier dignes des scribes égyptiens avant Jésus-Christ.

A partir de là, vous avec donc un État-civil, vous existez. Tous les actes relatifs à cet État-civil peuvent donc être demandés en ligne : extrait acte naissance, carte nationale d’identité, passeport et toussa. Ou du moins pré-demandés en ligne car un document biométrique nécessitera quand même un déplacement physique de votre part pour la prise de vos empreintes et un second pour le retrait.

A partir de l’État-civil, les impôts maintenant. Que vous soyez imposable ou pas, l’Administration fiscale doit vous connaître. Et quelque part, pour bénéficier des services publics, le minimum serait de payer des impôts non ? Ou tout du moins d’étre enregistrés au service des impôts.

Zay, l’État, l’État-civil et les impôts savent qui vous êtes : à partir de là, on peut créer votre compte et vous donner accès à votre espace personnel.

Votre situation personnelle, familiale et professionnelle n’est pas linéaire : il y a des changements en permanence. Situation matrimoniale, salaires, etc. La digitalisation, via votre espace personnel, permet de signaler tous ces changements, et de réactualiser en continu votre situation par rapport à l’Administration.

Ici en France par exemple, votre taux de retenue à la source sur vos revenus est réactualisé en fonction de tous ces paramètres. Ce taux monte ou descend, en temps réel, selon la nature des changements que vous déclarez.

Dernier point : votre existence et identification digitale sur le site des impôts vous permet de vous identifier sur les autres portails de l’État, sans avoir à recréer un nouveau compte partout. Cartes grises, permis de conduire, sécurité sociale, et j’en passe. C’est terriblement efficace.

Donc toussa c’est très séduisant sur le papier. Mais il ne suffit pas d’édicter qu’on va digitaliser tompokolahy sy tompokovavy, ça ne marche pas comme ça !

Il faut des expertises techniques en la matière certes, mais il faut aussi que le processus métier à digitaliser soit bien compris, comment ça marche, à quoi on veut raisonnablement arriver, combien ça va coûter, combien de temps pour y arriver, quels sont les pré-requis et toussa.

O coïncidence c’est justement mon job d’organiser tout ça, c’est marrant hein ? Faire le lien entre le métier/activité à digitaliser et les équipes chargées de développer les applications, rédiger des cahiers de charge et des dossiers de spécifications, planifier, suivre les avancées, tenir les budgets, animer les copil, détecter les alertes sur le chemin critique et toussa.

Le nom de ce doux métier ? Assistance à Maîtrise d’ouvrage, AMOA pour les intimes. Et je contribue ainsi modestement à la digitalisation de pas mal de domaines : la santé, les professions réglementées (avocats, etc.), l’Administration et les collectivités, la formation et les.. Universités, bah tiens donc 🙂

Bon désolé d’avoir été un peu long aujourd’hui en parlant un peu boutique avec ce laïus, mais c’était nécessaire pour bien comprendre qu’un processus de digitalisation ne se fait pas comme ça, d’un simple claquement des doigts.

Et il faut aussi bien intégrer que digitalisation = very fihinana pour certains bureaucrates, qui du coup ne serviront plus à rien.

On comprend alors la réticence de certaines maîtrises d’ouvrage dans certains pays endémiques. C’est compliqué hein ?

S’abonner
Notification pour
guest
5 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
mpijery
mpijery
1 année il y a

Je me demande si les quelques carnets fokontany manuscrits avec QR Code ont vraiment servi pour autre chose qu’avoir les vary tsinjo

Malala
Malala
1 année il y a

Raha ho azavainao im-polo eto aza zany , tsy hiditra mihintsy ao @ lohan’ilay olona tsy nandiha fianarana, eo koa ny tsy faha-mpian’ny fitaovana hanatanterahana an’izany fa dia ny GESTE no atao aloha

JC Bri
JC Bri
1 année il y a

Concernant le portail de la JIRAMA il ne vous aura pas échappé que vous pouvez payer vos factures d’électricité mais pas celle de l’eau

Bri Collage
Bri Collage
1 année il y a

Avec les couts des data (internet ou mobile), les axes douanieres pour l’achat de matériel uptodate, l’absence de réelle culture informatique (hormis les Facebook et Co.) … c’est pas gagné

Fil info

Voir d'autres articles

Chroniques
elman

Velirano 4 – L’éducation et la culture pour tous

Gné ? Hé oh l’elman, t’abuses, on a déjà construit plein d’EPP manara-penitra et toussa non ? Jamais content hein ? Je ne critique pas les EPP manara-penitra.. enfin, manara-penitra est un bien grand mot, on me rapporte des fissures déjà par-ci, un manque d’étanchéité déjà par là… … mais

Chroniques
elman

Madagascar : c’est bien d’espérer un taux de croissance positif pour 2022

Non franchement c’est bien, l’espoir fait vivre. Ça fait des petits calculs, des petites projections, ça établit un projet de Loi des finances … bref, ça y croit. Et bien, malheureusement, désolé de doucher les optimistes mais avec à peine un peu plus de 400 000 personnes qui ont un

Chroniques
elman

Mardi 27 mars 2018 : ah oui, un an déjà ?

Un an que quoi ? Que j’ai quitté le sol malgache. Ah oui effectivement, comme le temps passe vite. Très vite. Trop vite. Tic tac 🙂 Lire : Euh … j’ai pris Air Mauritius Alors, cette première année en France ? Bah vous savez déjà quasiment tout, du moins dans

Chroniques
elman

Ah la la Madagascar

Quand je discute avec des Malgaches en France, la grande majorité d’entre eux, et vous allez être surpris … rêvent tous de revenir habiter à Madagascar. Seulement … Mais seulement il n’y a pas un seul mais plein de mais. D’abord cette insécurité absolument rédhibitoire ! Quand la sécurité des

Chroniques
elman

… et le 13 mai à partir de lundi donc

Gné, déjà ? Je savais qu’un retour sur la célèbre place était inéluctable mais aussi tôt, je ne m’y attendais pas 🤣 La mayonnaise est donc montée beaucoup plus vite que prévue. Même en étant à 8000 kms, mes antennes frétillaient de partout et je savais qu’il se passerait des

Chroniques
elman

L’éducation endémique… et la mienne

Gné ? Aujourd’hui, petit cours d’éducation… euh tout court, bande d’obsédés tsss 🙂 Éducation infantile s’entend, celle de la princesse en l’occurrence. Déjà vous savez quoi ? Le centre d’intérêt de la maison s’articule aujourd’hui totalement autour de sa personne. Toute notre attention est focalisée sur cet adorable bout de

Chroniques
elman

Ça y est, c’est la fin des haricots ?

Gné ? Bah oui, vous ne les sentez pas ces caisses vides un peu partout là ? Et il y a vraiment des signes qui ne trompent pas. Un ancien PRM me disait cette semaine : “tu sais elman, chaque chef d’Etat s’est toujours fait un point d’honneur à toujours

Chroniques
elman

Madagascar : je vous conseille vraiment de vous mettre au boulot

Gné ? Qui ça vous d’abord ? Et bien vos chers dirigeants pardi. Et se mettre au boulot comment ça ? Avant de développer, un constat tout d’abord. Je m’aperçois que l’hémisphère nord a entamé sa relance économique post-covid. Seul petit souci, après de très longs mois d’immobilisation, de mise

Chroniques
elman

Apogeniies : “Vous voulez remettre Andry Rajoelina en selle”

Gné, même pas à la forme interrogative le titre ? Non, et j’en ai déjà parlé, c’est le genre d’accusations que nous recevons régulièrement au sein de l’Apogeniies. Euh, le remettre en selle comment ça s’il vous plaît ? “Bah oui, avec votre Geniies là, vous allez lui permettre de

Commentaires

5
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x