19 janvier 2019 – 19 janvier 2021

Les agriculteurs d’Ambohitrimanjaka sont tout à fait d’accord

Waouh, déjà ? Et oui, 2 ans du mandat présidentiel ont déjà été consommés tompokolahy sy tompokovavy, c’est fou comme le temps s’écoule incroyablement vite n’est-ce pas ?

Alors, bilan de ces deux années ? Par rapport à la montagne de promesses lors de la campagne électorale pour la Présidentielle de 2018, ce super programme dénommé IEM, ces fameux velirano, où en sommes nous ?

Et si on reecoutait ce débat ?

Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, nous sommes loin, très très loin de la réalisation de toutes ces promesses. Pire, la situation s’est incroyablement deteriorée. Les besoins les plus basiques, les plus primaires même de la population ne sont plus satisfaits, loin s’en faut !

Entre ces scènes apocalyptiques de famines dans le sud, où l’on a vu des gens comme s’ils sortaient d’un camp de concentration, l’eau qui est venue à manquer sur quasiment tout le territoire, la paupérisation qui s’est généralisée à toutes les couches de la population, en fait de progrès c’est plutôt à une régression généralisée que l’on a assisté.

L’électricité on en parle même plus. On évoque souvent ce Ministre japonais qui est resté courbé 20 minutes car le courant a été coupé 20 minutes chez lui : s’il avait été chez nous, il serait resté courbé combien de temps ces deux dernières années ? 20 jours ? Plus ?

Mais il y a autre chose qui est autrement plus préoccupant. On espérait que pendant ces deux premières années, les briques nécessaires pour amorcer effectivement le décollage du développement auraient été posées. Hélas, on n’a même pas fabriqué ces briques. Et encore moins allumé le four pour les cuire.

Quelles briques ? Nous en avons déjà parlé mais une agriculture intensive déjà, qui aurait permis d’en finir une bonne fois pour toutes avec ces scènes hallucinantes dans le sud. L’eau ensuite. Les gesticulations fébriles aujourd’hui, toujours dans l’urgence, démontrent clairement que rien n’a été fait depuis 2 ans. Beaucoup de com, beaucoup de brassage d’air mais les résultats sont là. Le manque de résultats plutôt. La population manque d’eau et la situation est vraiment très grave.

L’émergence de mes bidons jaune

Les griots et les courtisans infeodés à sa majesté vont bien entendu nous rétorquer que ce n’est pas sa faute, que c’est celle de la covid19, celle des opposants ou même celle de mon gardien tiens.

Ah bon ? Ce colisée c’est la faute à qui ? Le flop du Tanamasoandro à Ambohitrimanjaka c’est la faute à qui ? Ces fonds faramineux engloutis dans le stade de Mahamasina c’est la faute à qui ? Au lieu de se fourvoyer dans ces travaux pharaoniques, et si on avait plutôt consacré ces fonds dans l’eau et l’agriculture, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui ?

Gouverner c’est prévoir et gouverner c’est aussi faire la différence entre le prioritaire, l’urgent et l’important. Et quand on nous annonce encore récemment des fly-over, des tramways et des téléphériques, apparemment ce n’est toujours pas compris.

Et que l’on arrête définitivement avec ce prétexte de la covid19 car cette crise sanitaire ne semble pas avoir été un frein pour la construction de ce colisée ni celle du stade de Mahamasina n’est-ce pas ?

Tout ce que je viens d’écrire, je sais que beaucoup de personnes dans l’entourage présidentiel le pensent tout bas. Mais bien entendu, ils ne peuvent pas le dire tout haut. Bah moi je le dis tout haut alors, je n’ai aucun compte à rendre à qui que ce soit à Madagougou.

Un jour tu comprendras nous dit-on. Oui, minoa fotsiny ihany quoi. Hélas, pas de bol, ce n’est pas le genre de la maison. Nous ici dans la civilisation nous travaillons en mode projet, avec des dates de début et de fin, avec des jalons, avec des objectifs quantifiés et mesurables, des budgets, des ressources humaines, avec de l’agilité pour être reactif. On ne pilote et on ne navigue pas à vue au petit bonheur la chance, on sait où on veut aller et comment y arriver.

Et surtout, les briques de base sont là : nous avons l’eau et l’électricité, le frigo est toujours plein, la connexion est là, nous pouvons nous concentrer sur l’essentiel : travailler. Créer de la richesse. Toujours améliorer et simplifier ce qui peut l’être.

Fiainana tsotra, milamina, mirindra : le peuple n’est pas si exigeant que ça. Mais même ça on le lui refuse. Dans ce cas, bonne chance pour les 3 années restantes alors.

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